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peuvent.
Il n'en était pas de même chez les Romains : la République se servait avec un avantage infini de ce
peuple d'esclaves. Chacun d'eux avait son pécule, qu'il possédait aux conditions que son maître lui imposait ;
avec ce pécule, il travaillait et se tournait du côté où le portait son industrie. Celui-ci faisait valoir la banque,
celui-là se donnait au commerce de la mer ; l'un vendait des marchandises en détail ; l'autre s'appliquait à
quelque art mécanique, ou bien affermait et faisait valoir des terres. Mais il n'y en avait aucun qui ne
s'attachât de tout son pouvoir à faire profiter ce pécule, qui lui procurait, en même temps, l'aisance dans la
servitude présente et l'espérance d'une liberté future. Cela faisait un peuple laborieux, animait les arts et
l'industrie.
Ces esclaves, devenus riches par leurs soins et leur travail, se faisaient affranchir, et devenaient citoyens.
La république se réparait sans cesse et recevait dans son sein de nouvelles familles, à mesure que les
anciennes se détruisaient.
J'aurai peut-être, dans mes lettres suivantes, occasion de te prouver que, plus il y a d'hommes dans un
Etat, plus le commerce y fleurit ; je prouverai aussi facilement que, plus le commerce y fleurit, plus le
nombre des hommes y augmente : ces deux choses s'entraident et se favorisent nécessairement.
Si cela est, combien ce nombre prodigieux d'esclaves, toujours laborieux, devait-il s'accroître et
s'augmenter ! L'industrie et l'abondance les faisaient naître, et eux, de leur côté, faisaient naître l'abondance
et l'industrie.
De Paris, le 16 de la lune de Chahban 1718.
Lettre CXV. Usbek au même 155
Lettres persanes
Lettre CXVI. Usbek au même
Nous avons, jusques ici, parlé des pays mahométans, et cherché la raison pourquoi ils sont moins
peuplés que ceux qui étaient soumis à la domination des Romains. Examinons à présent ce qui a produit cet
effet chez les chrétiens.
Le divorce était permis dans la religion païenne, et il fut défendu aux chrétiens. Ce changement, qui
parut d'abord de si petite conséquence, eut insensiblement des suites terribles, et telles qu'on peut à peine les
croire.
On ôta non seulement toute la douceur du mariage, mais aussi l'on donna atteinte à sa fin : en voulant
resserrer ses noeuds, on les relâcha ; et, au lieu d'unir les coeurs, comme on le prétendait, on les sépara pour
jamais.
Dans une action si libre, et où le coeur doit avoir tant de part, on mit la gêne, la nécessité et la fatalité du
destin même. On compta pour rien les dégoûts, les caprices et l'insociabilité des humeurs ; on voulut fixer le
coeur, c'est-à-dire ce qu'il y a de plus variable et de plus inconstant dans la nature ; on attacha sans retour et
sans espérance des gens accablés l'un de l'autre et presque toujours mal assortis ; et l'on fit comme ces
tyrans, qui faisaient lier des hommes vivants à des corps morts.
Rien ne contribuait plus à l'attachement mutuel que la faculté du divorce : un mari et une femme étaient
portés à soutenir patiemment les peines domestiques, sachant qu'ils étaient maîtres de les faire finir, et ils
gardaient souvent ce pouvoir en main toute leur vie sans en user, par cette seule considération qu'ils étaient
libres de le faire.
Il n'en est pas de même des chrétiens, que leurs peines présentes désespèrent pour l'avenir. Ils ne voient
dans les désagréments du mariage que leur durée et, pour ainsi dire, leur éternité : de là viennent les dégoûts,
les discordes, les mépris, et c'est autant de perdu pour la postérité. A peine a-t-on trois ans de mariage qu'on
en néglige l'essentiel ; on passe ensemble trente ans de froideur ; il se forme des séparations intestines aussi
fortes et peut-être plus pernicieuses que si elles étaient publiques ; chacun vit et reste de son côté ; et tout
cela au préjudice des races futures. Bientôt un homme, dégoûté d'une femme éternelle, se livrera aux filles de
joie : commerce honteux et si contraire à la société, lequel, sans remplir l'objet du mariage, n'en représente
tout au plus que les plaisirs.
Si, de deux personnes ainsi liées, il y en a une qui n'est pas propre au dessein de la nature et à la
propagation de l'espèce, soit par son tempérament soit par son âge, elle ensevelit l'autre avec elle, et la rend
aussi inutile qu'elle l'est elle-même.
Il ne faut donc pas s'étonner si l'on voit chez les chrétiens tant de mariages fournir un si petit nombre de
citoyens. Le divorce est aboli ; les mariages mal assortis ne se raccommodent plus ; les femmes ne passent
plus, comme chez les Romains, successivement dans les mains de plusieurs maris, qui en tiraient, dans le
chemin, le meilleur parti qu'il était possible.
J'ose le dire : si, dans une république comme Lacédémone, où les citoyens étaient sans cesse gênés par
des lois singulières et subtiles, et dans laquelle il n'y avait qu'une famille, qui était la république, il avait été
établi que les maris changeassent de femmes tous les ans, il en serait né un peuple innombrable.
Il est assez difficile de faire bien comprendre la raison qui a porté les chrétiens à abolir le divorce. Le
mariage, chez toutes les nations du monde, est un contrat susceptible de toutes les conventions, et on n'en a
Lettre CXVI. Usbek au même 156
Lettres persanes
dû bannir que celles qui auraient pu en affaiblir l'objet. Mais les chrétiens ne le regardent pas dans ce point de
vue ; aussi ont-ils bien de la peine à dire ce que c'est. Ils ne le font pas consister dans le plaisir des sens ; au
contraire, comme je te l'ai déjà dit, il semble qu'ils veulent l'en bannir autant qu'ils peuvent ; mais c'est une
image, une figure et quelque chose de mystérieux que je ne comprends point.
De Paris, le 19 de la lune de Chahban 1718.
Lettre CXVI. Usbek au même 157
Lettres persanes
Lettre CXVII. Usbek au même
La prohibition du divorce n'est pas la seule cause de la dépopulation des pays chrétiens. Le grand
nombre d'eunuques qu'ils ont parmi eux n'en est pas une moins considérable.
Je parle des prêtres et des dervis de l'un et de l'autre sexe, qui se vouent à une continence éternelle :
c'est chez les chrétiens la vertu par excellence ; en quoi je ne les comprends pas, ne sachant ce que c'est
qu'une vertu dont il ne résulte rien.
Je trouve que leurs docteurs se contredisent manifestement, quand ils disent que le mariage est saint, et
que le célibat, qui lui est opposé, l'est encore davantage ; sans compter qu'en fait de préceptes et de dogmes
fondamentaux, le bien est toujours le mieux.
Le nombre de gens faisant profession de célibat est prodigieux. Les pères y condamnaient autrefois les
enfants dès le berceau ; aujourd'hui ils s'y vouent eux-mêmes dès l'âge de quatorze ans ce qui revient à peu
près à la même chose.
Ce métier de continence a anéanti plus d'hommes que les pestes et les guerres les plus sanglantes n'ont
jamais fait. On voit dans chaque maison religieuse une famille éternelle, où il ne naît personne, et qui
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